HENRI GUILLEMIN

Né à Mâcon en 1903, décédé à Neuchâtel en Suisse, en 1992, Henri Guillemin aura tout au long de sa vie défendu ses idées de chrétien de gauche (engagé dans le Front Populaire de 1936, aux côtés de Marc Sangnier et de mon père, Maurice Carité). Il aurait sans doute pu faire une brillante carrière d’’universitaire séducteur et finissant à l’Académie française s’il n’avait eu, ancrée profond en lui, la conviction, que l’histoire officielle ment, que les gens de bien transforment la vérité à leur avantage.
Ainsi toute sa vie, au fil des quelques 80 ouvrages qu’il a publiés, fut-il marqué par ses héros à lui qui l’éclairèrent, « c’est la vérité qui est coupable » (Robespierre), « il faut que l’histoire entre dans la période des aveux » (Victor Hugo), « ne faisons pas de l’’histoire polie : faisons de l’histoire historique »(Péguy).
Refusant, tout comme Victor Hugo, de « vieillir toutou », assagi et inoffensif, tout au contraire, jusqu’au bout il nous transmit le message d’une histoire sans complaisance, sans trucage : pour « ne pas se laisser monter sur la tête ». Et son ami François Mitterrand, qui vint souvent, à côté de Mâcon, s’entretenir avec l’iconoclaste, en convenait chaque fois « même s’il agace les dents », cet historien qui avait choisi dès sa jeunesse le camp des humbles et de la Justice, était «un homme, pour de bon ».
On a surtout mis en avant son œœuvre de démolisseur (Vigny, Voltaire, Napoléon, Pétain, Thiers, Napoléon III, George Sand) sans voir assez son patient travail de réhabilitation des Rousseau, Lamartine, Victor Hugo, Zola, Vallès, Jeanne d’Arc, Jaurès, même Péguy et Bernanos qu’on lui reprocha d’égratigner.
Devenus, depuis sa disparition, l’éditeur d’œuvres complètes, nous avons à cœur de réhabiliter cet historien de passions.
Son talent de conférencier est également très bien restitué dans la série « Henri Guillemin raconte » des livres accompagnés du CD de la conférence originale.
Bonnes découvertes !
Jean-Marc Carité
Henri Guillemin
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